« J’ai eu le plaisir de participer, en avril 2024, à un stage organisé par Géraldine sur un week-end dans le Jura, animé avec l’approche du Travail qui Relie (selon Joanna Macy) et j’y ai découvert une approche expérientielle et collective bouleversante, ainsi que des personnes incroyables.

Curieuse concernant l’atelier biophilisé proposé par Géraldine sur un groupe facebook* dont je suis membre, j’ai eu un premier échange téléphonique avec elle : elle m’a expliqué en quoi consistait cette « transformation » et m’a assuré que ma présence pourrait être bénéfique au groupe déjà constitué autant qu’à moi-même. En effet, avec un niveau d’éco-anxiété qui montait en flèche, alors en burnout professionnel après un échec entrepreneurial cuisant, une perte totale de sens et des difficultés à me relever de maintes difficultés personnelles, je me suis laissée dire que cela me ferait dans tous les cas du bien.

C’est ainsi que j’ai sauté le pas et ai décidé de m’ouvrir à autre chose… moi qui suis souvent dans le contrôle, c’était une démarche de lâcher prise et un saut dans l’aventure !

Il faut dire que le lieu de notre séjour m’inspirait beaucoup d’intérêt, puisqu’il s’agissait de la ferme de Julien, La Lanterne, perdue dans un minuscule bourg du Jura : en effet, aspirant à trouver un jour une maison plus indépendante, voire « off grid », j’avais à cœur de découvrir comment son propriétaire s’y était pris pour construire son autonomie.

Préalablement un peu anxieuse à l’idée de rejoindre un groupe sans doute déjà rompu aux retraites spirituelles et à des séminaires de pratiques que je considérais comme « alternatives », alors que je ne connaissais personne, j’ai fait confiance à mon instinct ai rejoint les autres participants avec une demi-journée de retard (n’ayant pas été dispo le vendredi).

Ayant cheminé le long de l’Ain, je découvre une nature sauvage, préservée, calme, dont la beauté me conquiert déjà.

Arrivée sur place, j’ai découvert un lieu hors du temps, un corps de ferme authentique et son jardin naturel, gérés par Julien, qui ouvre les portes de son foyer comme il ouvre les portes d’un passage secret, dévoilant petit à petit une autre vision du monde, un monde simple, connecté, incarné. Julien est tel un moine, ou un oiseau, il est discret, parle de l’essentiel avec pragmatisme, mais fait partie de beaucoup plus grand.

Géraldine, souriante, pétillante et totalement atypique, m’accueille chaleureusement et me présente les modalités d’organisation du week-end. Même si je ne comprends pas tous les mots employés « reliance », « ancrage », la « spirale » etc. Je sais avec confiance qu’elle me guidera.

Je démarre avec une première partie d’exercices corporels et sensoriels individuels à l’extérieur, au soleil de ce printemps qui réchauffe le corps et je joue « le jeu » : cela m’apaise, et me permet de trouver quelques minutes de sieste réparatrice au milieu du jardin.

Je suis un peu bousculée parce que je n’ai pas l’habitude de prendre du temps pour moi.

Après un repas léger de « miam aux fruits » (proposition de Julien), j’intègre enfin le petit groupe de 5 autour d’un cercle de parole, dans la magnifique et apaisante salle de méditation que je découvre à l’étage. J’enfourche un banc de méditation que je peine à conserver dans la durée car la posture physique genoux pliés nécessite un peu d’entraînement. J’ai besoin de bouger et ces exercices statiques me semblent durer une éternité.

Je découvre que l’on peut lancer la parole au milieu du cercle en un mouvement symbolique, que l’on peut parler de soi sans honte et écouter, et être écoutée, vraiment, avec empathie, sensibilité et bienveillance.

Ces qualités, Géraldine les insuffle à tous les participants, par sa voie douce et posée et emmène littéralement le groupe dans une spirale spirituelle, qui m’est inconnue, mais totalement bienfaisante.

J’ai beaucoup de mal à être dans la gratitude et au début, je ne voyais pas l’intérêt de cet exercice. Je l’ai découvert bien après…

Autour de moi, j’ai d’autres femmes de différents âges, qui ne me ressemblent pas, dont les visages sont tantôt joyeux, tantôt graves, tantôt soucieux. Moi qui suis hypersensible, je suis désappointée par l’absence de repères sur ces autres personnes. Mais nous connectons petit à petit à travers les gestes symboliques et les rituels proposés dans le cercle.

Nous sommes passés ensuite, sur des exercices laissant la place aux mouvements, laissant nos émotions filtrer et se déverser, d’abord avec une retenue polie, et ensuite et petit à petit, dans tous leurs états, dans toute la place et dans toute la force qu’elles devaient avoir, honorant nos peines pour le monde, pour nous, pour les hommes et pour tous les vivants plus grands que l’humanité, la nature, les végétaux, les animaux…

Géraldine montrant l’exemple de manière totalement extravertie, a permis à chacun de ressentir absolument tout et de répondre à ses propres besoins : sa colère en hurlant, son dégoût en expulsant, sa culpabilité en se défoulant, sa rage en se roulant par terre, sa tristesse en pleurant, son deuil en restant au sol…

Le groupe a été pris d’une frénésie émotionnelle sans pareil : quelle LIBERATION !!!

Je n’ai jamais pleuré aussi profondément, ressenti autant de douleur et partagé autant de non verbal avec de pures inconnus.

Nous nous retrouvons ensuite bras dessus bras dessous à danser ensemble, en rond, à danser n’importe comment sur une playlist incroyable créée par Géraldine, playlist qui me suivra dans ma mémoire physique, émotionnelle et mon cœur des années après.

C’est à ce moment, d’abord vidés, puis ensuite nourris par le collectif, que nous communions, que nous nous rencontrons vraiment les uns les autres.

Nous ne sommes plus des étrangers : la magie du Travail Qui Relie a commencé à opérer.

A l’approche de la soirée, nous participons tous aux tâches de préparation du repas, qui se veut convivial et régénérant pour nos corps fatigués. Nous apprenons à mieux nous connaître et créons des liens, naissant telle une fraternité.

Autour du feu de camp nocturne, nous profitons d’une très douce soirée, au son de la guitare de Julien et de nos voix, nous reprenons nos chansons préférées. Une ambiance mémorable.

Après une nuit de repos dans nos chambres toutes de bois, simples et fonctionnelles, nous émergeons le matin dans la salle de méditation pour reprendre notre spirale.

Nous décidons alors de nous évader pour une marche méditative en pleine nature, conduite par un Julien aux pieds nus.

A travers les champs, la forêt, nous nous arrêtons pour de petits ateliers en binôme, permettant d’approfondir nos liens, de mieux se connaître à travers le regard de l’autre, et d’interpréter mutuellement nos élans.

J’en ai gardé en souvenir nos petits papiers tellement ces échanges ont été puissants et porteurs de sens.

Nous avons rejoint la rivière pour séance plus introspective avec option baignade et une pause repas méditative individuelle. La fraîcheur des eaux, revigorante pour les jambes, l’immersion dans la nature sauvage, nous permettent de nous reconnecter au vivant, aux éléments naturels.

Nous avons repris notre marche à travers la nature, ensemble, avec une incarnation et une projection différente dans nos vies, rythmée par les propositions de Géraldine, autour de jeux de rôles et du travail de nos imaginaires : parler du monde tel qu’il serait pour les générations futures, nous incarner dans des animaux mythiques (Géraldine a quelques dons de médiumnité ;), etc… nous ont permis de récréer beaucoup de sens.

Cette traversée du petit coin de nature jurassienne isolé, comprenant un arrêt près d’une statue de la Vierge Marie rappelant aussi sa dimension spirituelle, m’a apporté beaucoup d’espoir et un regard différent sur moi, ma vie et l’avenir.

De retour à la ferme, après une collation et un temps de repos, nous reformons notre cercle dans un lieu plutôt propice à la détente et au partage et reprenons autour de Géraldine, une animatrice vraiment hors pair, de nouveaux jeux de rôles, symboliques, pour le bénéfice de chaque membre.

C’est ainsi que grâce à ces exercices passionnants, emprunts de psychologie et de philosophie, et grâce au travail collaboratif, chaque participant a pu faire émerger et formuler un prochain pas concret pour sa propre trajectoire (expérimentation professionnelle, ajustements dans sa vie, nouvel engagement, changement de cadre de travail ou de lieu de vie, etc…). Chaque projet était différent et tellement en phase avec sa personnalité que ce travail mérite amplement d’être reconnu. Je dirais qu’il équivaut à des années de séances chez le psy, sans être intrusif ni douloureux car il est surtout orienté vers le futur et les possibles.

Chaque personne a pris des micro-engagements réalistes, en cohérence avec ses propres limites personnelles (temps, énergie, contraintes matérielles) et est repartie avec une graine à planter. Nous sommes tous ressortis avec des sentiments de complétude et d’efficacité incroyables.

C’est une véritable renaissance qui s’est opérée pendant mon voyage, une traversée des ombres nécessaires car elle permet d’écarter les nuages, de voir poindre les rayons du soleil, de se voir pousser des ailes pour aller les saisir … : j’ai vécu une expérience de résilience que je qualifie d’existentielle.

Ce Travail qui Relie ne promet certes pas de solutions aux crises ou à « sa propre crise » , mais aide chaque personne à trouver une position plus vivable et plus cohérente dans sa propre vie, en articulant ses choix intimes avec le contexte écologique et social global. Le rebond ne se joue pas seulement dans « ce que je vais faire de plus », mais dans la manière dont je me situe : je me sens désormais moins isolée, moins coupable, plus reliée, et en capacité de faire un pas juste, ici et maintenant.

Mon changement de vie, il a germé pendant ce week-end dans le Jura avec Géraldine et tous les autres et je l’incarne désormais à travers une reconversion professionnelle, à des choix totalement assumés et en phase avec mes convictions et mes valeurs. J’ai vécu une vraie transformation profonde, un rebond, qui m’a permis de me tourner vers l’action.

Je serai toujours reconnaissante envers Géraldine de m’avoir « éveillée » et offert une bien meilleure vue sur mon chemin et ma mission de vie. »

Laure

*Pour info Biophilia a quitté FB et Insta le 20.01.25, migrant sur Mastodon notamment.